Conduit de hotte professionnelle : diamètre et matériaux
Choisir le conduit d’une hotte professionnelle engage la sécurité, le débit d’air et la facilité d’entretien de toute la cuisine. Le diamètre se fixe à partir du débit, le matériau s’arbitre entre acier galvanisé, inox, et l’accès au réseau pour le dégraissage se prévoit dès l’installation, dans le respect des règles d’évacuation.
Quel diamètre choisir pour le conduit ?
Le diamètre d’une gaine ne se choisit pas sur catalogue. Il découle de l’air que la hotte doit réellement extraire et du chemin que cet air parcourt jusqu’au rejet. Une brasserie équipée d’un piano et de friteuses n’a pas les mêmes besoins qu’un snack doté d’une seule plaque.
Partir du débit plutôt que de la sortie
Aucun diamètre réglementaire unique ne s’applique à toutes les hottes : le Ø125, le Ø150 ou le Ø200 mm ne sont pas des prescriptions universelles, comme le rappelle la NF EN 16282-5. La notice de votre hotte peut indiquer une dimension de raccordement. Relevez-la, sans la confondre avec le dimensionnement du réseau complet.
- Le débit (Q) : volume d’air transporté, exprimé en m³/s dans le calcul.
- La vitesse (v) : vitesse de l’air dans la gaine, en m/s.
- Le diamètre intérieur (D) : exprimé en mètres, il donne la section utile.
Pour un conduit circulaire, ces trois grandeurs sont liées par la relation Q = v × πD²/4. À une vitesse hypothétique de 5 m/s, on obtient les débits géométriques théoriques suivants.
| Diamètre intérieur | Débit théorique à 5 m/s |
| Ø250 mm | environ 884 m³/h |
| Ø315 mm | environ 1403 m³/h la dimensions standard pour une bonne extraction pour 4 filtres |
| Ø355 mm | environ 1782 m³/h la dimensions standard pour une bonne extraction pour 6 filtres |
Ces valeurs illustrent une relation géométrique. Elles ne constituent ni des débits réglementaires ni une recommandation de dimensionnement.
Comparer les sections et les vitesses
Pour les réseaux d’un restaurant à fort volume, la même vitesse de 5 m/s donne environ 884 m³/h en Ø250 mm et 1 403 m³/h en Ø315 mm. Le Ø355 mm atteint environ 1 782 m³/h, le Ø400 mm environ 2 262 m³/h. Ces chiffres ne dispensent pas du calcul des pertes de charge, c’est-à-dire de la résistance que le réseau oppose à l’air.
La différence se joue sur la vitesse : pour 2 000 m³/h, l’air circule à environ 11,3 m/s en Ø250 mm, contre 7,1 m/s en Ø315 mm. Une section trop faible accroît les pertes de charge et le bruit, et réduit le débit obtenu à la hotte. À l’inverse, retenir systématiquement la plus grande section néglige l’encombrement et le point de fonctionnement du ventilateur.
Vérifier le réseau et le ventilateur
Le dimensionnement d’un conduit d’extraction intègre le débit, la vitesse retenue, les longueurs et la géométrie du réseau d’extraction. Les mètres de conduit ne suffisent pas : chaque accessoire ajoute sa propre perte de charge.
- Les coudes et tés : leur effet dépend de leur géométrie et de la vitesse de l’air.
- Les réductions de section : elles perturbent l’écoulement et accroissent les pertes.
- Le ventilateur : il se choisit sur un point débit/pression capable de vaincre les pertes de la hotte, des filtres, des conduits, des accessoires et du rejet, pas sur son seul débit nominal.
En pratique, avant d’acheter ou de modifier le réseau, faites relever les sections, longueurs, coudes, piquages, raccordements et caractéristiques du ventilateur. Ce relevé alimente une note de calcul indiquant les débits par branche, les vitesses et les pertes de charge du système d’extraction.
Acier galvanisé, inox ou conduit flexible ?
Une fois la section fixée, le matériau conditionne la durabilité du réseau et sa nettoyabilité. Trois options se présentent en cuisine professionnelle, avec des usages bien distincts.
Les usages de l’acier galvanisé rigide
Le conduit rigide en acier galvanisé constitue une solution courante pour les tronçons principaux d’un réseau d’extraction professionnel. L’article GC 10 n’en fait pas pour autant le matériau obligatoire de toute grande cuisine ERP.
La galvanisation protège le conduit en acier contre la corrosion. Sa rigidité apporte une résistance mécanique, tandis qu’une paroi intérieure lisse limite l’accroche des dépôts et facilite le nettoyage.
Reste la forme : circulaire ou rectangulaire. Ce choix dépend du tracé étudié et de son intégration dans le bâtiment, notamment dans les faux plafonds d’une cuisine centrale.
Quand retenir l’inox ?
L’inox est à privilégier quand les contraintes de corrosion, d’humidité, de graisse et d’entretien le justifient. Il n’est pas imposé comme matériau unique pour les conduits de grande cuisine ERP. Matériau et section s’apprécient ensemble, selon la température, la rigidité, l’étanchéité, le nettoyage et le supportage exigés par l’installation.
Selon le tracé, l’assemblage requiert coudes, tés, réductions, manchons, colliers et raccords. Vérifiez que chaque fixation et chaque joint restent compatibles avec le matériau retenu.
Les limites des gaines flexibles
Dans une grande cuisine ERP relevant de l’article GC 10, le conduit principal d’évacuation doit être métallique et rigide. Un flexible en aluminium destiné à un raccordement court ne peut donc pas remplacer la gaine d’extraction principale.
La NF EN 16282-5, publiée en juillet 2017, encadre la conception des conduits d’air de cuisines professionnelles. Une synthèse technique de cette norme indique que les conduits flexibles n’y sont pas admis pour l’air rejeté.
Quelles règles encadrent l’installation et l’évacuation ?
Le matériau choisi doit ensuite répondre au cadre réglementaire de votre établissement. Ce cadre dépend d’abord du statut de la cuisine, puis des exigences incendie et des contraintes du rejet.
Identifier le statut de la cuisine
Selon l’article GC 1 du règlement de sécurité ERP, une grande cuisine regroupe des locaux non isolés dont les appareils de cuisson et de remise en température dépassent 20 kW de puissance utile. Une cuisine professionnelle n’entre donc pas automatiquement dans cette catégorie. La NF EN 16282-1 de juillet 2026, qui remplace l’édition de 2017, mentionne un seuil de 25 kW pour le calcul de la ventilation, sans modifier la définition ERP.
Respecter les exigences de sécurité incendie
La réglementation sur l’évacuation d’une hotte de cuisine professionnelle distingue deux éléments, selon l’article GC 10. La hotte doit être classée M0 ou A2-s1,d0 et munie d’éléments retenant les graisses. Pour le conduit, hors du volume de la grande cuisine, les traversées imposent une résistance au feu au moins égale à celle de la paroi traversée, avec un minimum EI 60.
La différence se joue sur la nature du classement : un classement au feu A1 décrit la réaction du matériau, sans démontrer une résistance EI 60. Celle-ci se justifie pour le système installé, trappes comprises, la NF EN 1366-1+A1 d’août 2020 traitant des essais. Dans une grande cuisine ouverte relevant de l’article GC 11, le ventilateur doit fonctionner au moins 1 heure à 400 °C.
Choisir le rejet et l’air de compensation
Aucune règle nationale générale identifiée n’impose une sortie de hotte professionnelle en toiture ni n’interdit une sortie en façade. Le choix dépend des règles sanitaires locales, du bâtiment, de l’urbanisme et du voisinage.
À Paris, les dispositions sanitaires prévoient un principe de distance de 8 m vis-à-vis des fenêtres et prises d’air neuf, sauf aménagement empêchant la reprise d’air pollué. Une modification de façade peut également y nécessiter une autorisation d’urbanisme.
Le débit d’air de compensation s’étudie avec le débit extrait : une amenée insuffisante peut créer une dépression qui perturbe la captation de l’extraction de cuisine. Dans les locaux concernés, l’article R4222-11 du Code du travail encadre la détermination du débit de ventilation, et l’article R4222-6 fixe le minimum d’air neuf.
Comment rendre le conduit accessible et l’entretenir ?
Un conduit conforme reste inefficace s’il ne peut pas être nettoyé. L’accès au réseau se décide au moment du tracé, bien avant le premier dégraissage.
Placer des trappes de visite accessibles
Une trappe de visite donne accès aux parties du conduit qu’on ne peut ni inspecter ni nettoyer par ses extrémités. La NF EN 12097, publiée en novembre 2006, traite des dimensions et de l’emplacement de ces ouvertures d’entretien.
- Les changements de direction : les coudes échappent aux accès d’extrémité.
- Le pied des parties verticales : un emplacement d’accès à étudier dès le tracé.
- Les zones encloses : faux plafonds et gaines techniques, où l’accès doit rester possible après fermeture.
La Clinique de la Hotte recommande d’envisager des trappes lorsque la configuration empêche d’accéder correctement aux gaines. En pratique, vérifiez sur plan puis sur site la position de chaque trappe et son ouverture effective avant de fermer une gaine technique ou un faux plafond.
Tenir compte de l’encrassement réel
Les dépôts de graisse accumulés dans le réseau sont combustibles et peuvent favoriser la propagation d’un incendie. L’encrassement perturbe aussi la circulation de l’air et réduit les performances de l’extraction.
Lors de ses interventions, La Clinique de la Hotte dépose les filtres à graisse, puis contrôle visuellement l’encrassement, l’étanchéité et la vacuité des gaines, comme le décrit sa méthodologie de nettoyage d’une hotte professionnelle. Le nettoyage porte sur les parties accessibles du réseau, selon sa configuration et les prestations prévues au devis.
Distinguer les obligations d’entretien
Pour les installations relevant de l’article GC 21, plusieurs opérations coexistent, chacune avec sa propre périodicité.
- Ramonage des conduits d’évacuation : au moins une fois par an, avec vérification de leur vacuité.
- Nettoyage du circuit d’extraction : ventilateurs et récupérateurs compris, chaque fois que nécessaire pendant les périodes d’activité.
- Entretien des filtres : nettoyage ou remplacement aussi souvent que nécessaire, au minimum une fois par semaine, sans remplacement systématique exigé.
- Traçabilité : dates consignées dans un livret d’entretien annexé au registre de sécurité.
L’article GC 22 prévoit en complément une vérification technique périodique annuelle, notamment sur l’évacuation de l’air vicié, des buées et des graisses ; elle reste distincte du nettoyage, comme le détaille le cadre réglementaire du nettoyage des hottes. Planifiez dès maintenant ces échéances dans votre registre.

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Foire aux questions
Existe-t-il une longueur maximale ou un nombre limite de coudes pour un conduit d’extraction de cuisine professionnelle ?
Aucune longueur maximale ni limite générale du nombre de coudes ne s’applique à tous les conduits. Le tracé s’évalue avec les pertes de charge et la pression disponible du ventilateur. Lorsque le parcours le permet, des coudes à 45° perturbent moins le flux qu’un changement de direction brutal.
Quel espacement prévoir entre les trappes de visite d’un conduit de hotte professionnelle ?
Aucun espacement unique ne vaut pour toutes les installations : il dépend de la configuration du réseau et des prescriptions applicables. Des documents techniques retiennent 7,5 m sur les parties droites, sans valeur réglementaire universelle. L’article N 75 du règlement du 23 mars 1965 prévoit des trappes d’au moins 3 dm², espacées de 3 m au maximum, dans son seul champ d’application.
Que faut-il vérifier avant de commander un conduit pour une hotte professionnelle ?
Relevez les appareils de cuisson, leur puissance utile, le type de hotte et le statut réglementaire de la cuisine. Si le rejet modifie une façade, une toiture ou des parties communes, vérifiez les contraintes d’urbanisme et de copropriété. Lorsque la protection incendie est requise, demandez le détail des traversées et les justificatifs du système réellement prévu, trappes et supportage compris.